Namas-The Darjeeling et Sikkim
"Vous prendrez bien une petite tasse de mon the?", nous murmurait a l'oreille la haute Darjeeling nous invitant a la rejoindre. En traversant une toute petite partie de l'Inde, via la tumultueuse Siliguri, nous avons pris le chemin de cette capitale, mondialement connue, pour son the. Mais au lieu de la chaleur reconfortante d'une tasse de ce fameux breuvage, qui devait nous attendre en chemin, c'est un grand bol de montees que nous avons avalees, les unes toutes plus raides que les autres... Nous n'avions jusque la, jamais connu de pentes aussi raides sur notre parcours: 1700m de denivele en 15km!
Deux jours difficiles nous seront necessaires pour rejoindre Darjeeling, en roulant dans la verdure theifie de collines arrondies. Depuis la ville il est habituellement possible de profiter d'une vue panoramique sur la chaine de l'himalaya Indien. Le temps tres brumeux ne nous permettra pas d'appercevoir les montagnes malgres les trois jours passes a attendre une eclairicie. Nous ne pouvons pas gagner a tous les coups et cette fois nous avons perdu!
Frustres, nous continuons notre route sur les routes abruptes du Sikkim. Decidement les lieux ne se pretent pas a la pratique du velo de voyage... En revanche des vallees reculees meriteraient certainement d'etre decouvertes a pieds. Nos efforts finiront par etre maigrement recompenses par une trop courte demi journee ou nous profitons enfin de la vue sur le Kanchenjunga, 3eme plus haut sommet de la planete. Le reste du temps les nuages nous embrumeront l'esprit.
Loin de l'image authentique que nous avions du Sikkim, royaume preserve et oublie de l'himalaya, nous sommes surpris et decus d'y trouver une culture tres occidentalisee, qui semble avoir ete la seule issue pour cette population annexee par l'Inde et coincee entre La chine, le Nepal et le Bouthan. Le Sikkim, integre a un pays dont la culture n'est pas la sienne, nous semble avoir perdu son identite plongeant sa population dans une quete de reperes. Les quelques monasteres tibetains qui ponctuent les montagnes nous paraitront decales et anachroniques avec l'ambiance culturelle de ces vallees.
A quelques agreables petites routes en balcon surplombant d'abruptes et profondes vallees parsemmees de terrasses, succederont des vallees completement detruites par la construction de barrages et d'immenses travaux. La grandeur de ces chantiers contraste avec les moyens utilises: nous croiserons des dizaines de personnes passant leur journees a casser des blocs de pierre a la main pour en faire des cailloux ou du gravier...
Le Sikkim aura, pour nous le gout de la deception, apres le feu d'artifice du Bangladesh...