Shangri La, Lijiang, Dali... et encore combien d'autres villes du meme genre? Nous ne saurons peut-etre pas, car apres avoir visite ces trois villes, nous esperons ne pas renouveler l'experience... La meme, l'unique, celle des ruelles, parfois tres jolies (bien restaurees a Lijiang), mais remplies de magasins a touristes, magasins de babioles, souvenirs, restaurants de cuisine "western", artisanat de fortune, etc.
Nous remarquons dans ces villes les memes disparites. Les seules personnes encore vetues des habits traditionnels sont celles qui vendent quelques brochettes ou fruits et legumes au coin de la rue, mis a part celles affublees des habits soient disant traditionnels qui attendent devant les portes des restos, menus a la main, arguant le client...
Quel avenir pour ces derniers survivants naxi en ces lieux de plus en plus touristiques, en ces lieux ou les gens preferrent le faux folklore des nuits agitees plutot que ce qui fait peut-etre encore parfois la Chine traditionnelle et sa culture? Quelle place est desormais faite aux locaux vivant aux alentours, travaillant comme des forcenes dans les champs, et respirant la pollution environnante des villes qui detruit l'air des campagnes?
Depuis notre arrivee a Shangri La nous n'avons fait qu'un seul est meme constat: Les villes traversees se resument a ces rues dediees aux hordes de touristes (heureusement nous sommes en basse saison!) et les campagnes traversees gardent un peu de cette tradition de la culture rurale, du travail des champs, de la recolte du riz, mais pour combien de temps encore, puisque l'uniformisation arrive a grands pas, detruisant souvent les petits villages traditionnels... Maisons en terre et torchis subsistent entre les poles attractifs ou la nuit la dejante sur fond de musique tekno ou le karaoke sont de rigueur... Nous pedalons donc au milieu d'un traffic dense de bus transportant les foules d'une ville a l'autre... Chaque etape y est un eternel recommencement: memes boutiques, meme artisanat, memes cafes ou pizzas (sur lesquelles nous ne crachons pas evidemment, mais...), finalement memes ambiances surfaites... Fort heureusement, la route nous offrira de decouvrir des scenes rurales interressantes. Les piments fraichement recoltes se balancent en grappes au gres du vent.
Dans les champs de riz, les femmes naxi habillees de bleu marine, noir et blanc (cette fois-ci pas seulement pour le folklore et les appareils photos des touristes!) mettent en bottes le riz coupe et seche.
Plus loin sur une route plus tranquille, elles le battent pour en faire tomber les grains.
Ceux-ci se font ensuite dorer au soleil pour finir de secher, avant de se faire fouler par les pieds des agriculteurs qui ainsi les separent et les retournent.
Depuis Shangri La, nous avons definitivement quitte le monde tibetain pour rencontrer les cultures de minorites differentes. Nous rentrons en pays Naxi (societe matriarcale, ou la femme peut donc avoir plusieurs maris.). Depuis le Yang Tse, les cultures en terrasses recouvrent le flanc des montagnes. Les maisons sont de hautes batisses blanches decorees de peintures figurant des paysages. Les tuiles en terre cuite grise recouvrent des toits en forme de pagode. Ou bien dans les petits villages, les murs sont faits de briques de terre rouge.
Nous laissons derierre nous les hauts sommets enneiges, derniere barriere d'altitude qui nous fait basculer dans des plaines agricoles bien plus basses. De beaux paysages dont nous aurons tout de meme beaucoup de mal a profiter tant la pollution est intense et empeche la visibilite.
Les eucalyptus nous accompagent de leur odeur suave et delassante. La terre rouge contraste avec la vegetation verdoyante.
Choux, pois, carrottes, aubergines, radis blancs s'etallent sur des kilometres... Nous profitons des scenes de peche le long de la cote est du lac avant de rejoindre la nouvelle, puis la vielle ville de Dali.
Les micro-crevettes ramassees avec de gros filets sechent sur les rives du lac.
La ce sont de petits villages Bai que nous traversons, autre ethnie, autre culture, du moins ce qu'il en reste encore, car notre route, anciennement goudronnee, n'est plus qu'une vulgaire piste. L'agrandissement de celle-ci bat sont plein. Nous roulons sur les ruines d'anciennes maisons Bai nouvelement rasees...
Nous pouvons prevoir que d'ici quelques mois ou annees, la belle, nouvelle et large route permettra aux bus de touristes de venir envahir cette cote encore assez tranquille... Meme questionnement, meme combat: Encore une partie du pays qui va voir s'eteindre sa culture et ses traditions... Deja de nouvelles constructions viennent suppleer aux anciennes. A quand les boutiques qui borderont les rives du lac avec vente de porte-cle en plastique en forme de crevette?